Description du tableau
L’un de mes tableaux les plus importants est un petit tableau sur panneau, mais c’était bien moi, alors, sous le nom de Van Lenc, et, en 1988, j’y ai peint, au-dessus des fruits, les couches de réalité décrites par la théorie du Halo-impressionnisme — la couleur, la valeur, etc. — des halos successifs que je voyais réellement à l’époque autour des objets et qui, à la lumière du soleil, étaient particulièrement nets pour mon œil de peintre, et, sous une lumière plus faible, moins visibles mais présents. Certains jours, je voyais même des couches devant les objets; je pouvais régler la focale de mon œil sur celle que je choisissais.
Aujourd’hui, en 2020, mon père a sans doute fini par gagner notre dispute picturale: il soutenait que, dans l’obscurité, la couleur se perd, disparaît, n’existe plus; je répondais: «Ce n’est pas vrai !», en le croyant dur comme fer. Oui, mais je sais aujourd’hui que, dans cette obscurité, il nous reste l’IDÉE — l’idée du Halo-impressionnisme — qui nous enjoint de continuer à voir, et de tenir pour sacrée toute chose précieuse, car elle l’est, et alors de peindre des couches de halo même invisibles — idéelles — car elles sont vraies même lorsque nous aurons perdu la vue et ne les verrons plus; il se trouvera des êtres qui les verront à nouveau.